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Oré, graffeur, artiste de rue.
Arrivé à Caen en 2001, il peint les murs de l’agglomération. Revendicatif, poétique, provocateur, il utilise l’espace public comme son espace d’exposition.
Il affirme sa volonté d’accomplir son art avec dignité et de le développer professionnellement. Et cela sans dénaturer l’essence même de sa peinture, à savoir agir dans l’espace public, pour rester un poil à gratter des consciences face au conformisme ambiant.
"Oré, une trentaine d’années.
Peintre autodidacte, études d’histoire-géographie (maîtrise), graffiti en parallèle à mes études.
J’ai découvert le graffiti vers 1989-1990 dans le quartier de La Madelaine.
Après une longue phase de peinture à base de lettrages et de tags pour faire circuler mon nom, j’ai cherché à créer un univers graphique plus personnel, constatant que j’allais devenir un simple tagueur au milieu de tant d’autres.
De 2000 à 2004 je me suis intéressé à la calligraphie arabe (avec Massoudy au départ, comme beaucoup…), et par le biais de voyages au Mexique j’ai également découvert l’art précolombien. Ce qui m’a amené à mélanger calligraphie et serpent aztèque dans certaines de mes fresques. Je me suis ainsi démarqué du mouvement strictement graffiti pour développer un style bien particulier.
Depuis 2004, le serpent à plumes (le quetzalcoatl) tend à devenir un élément central de mon travail. Ce dieu majeur du monde indien, avant l’arrivée des espagnols, revit ainsi sur les murs du vieux continent. En parallèle, je travaille des détournements d’œuvres très connues (comme "la pipe" de Magritte, "le cri" de Munch ou des personnages de J. Bosch).
Depuis un an , je suis particulièrement attentif aux évolution en cours dans l’art de rue où des graffeurs rencontrent des colleurs en tout genre, des agités du pochoir, des photographes affichistes. Les gens se croisent, échangent des techniques, des visions esthétiques ou politiques, s’enrichissent mutuellement. Et pour ma part, je cherche à m’affranchir de l’usage exclusif de l’aérosol pour continuer à avancer dans mes recherches artistiques…
On entend parfois l’expression "pollution visuelle" au sujet du mouvement graffiti. Selon moi, la pollution visuelle est largement plus dangereuse du coté de l’idéologie publicitaire. Mais les graffeurs et tagueurs proposent une utilisation de l’espace qui va à l’encontre des normes dominantes : le graffiti questionne la société sur l’usage et le contrôle de l’espace public. Le citadin accepte docilement la propagande publicitaire tout en décriant les tags…Et la répression s’abat facilement sur les artistes de rue, qui veulent s’exprimer dans l’espace public de nos villes.
Notre art populaire (art qui se donne à voir gratuitement au sein de l’espace public, le meilleur exemple de ce type d’expression demeure le muralisme mexicain avec ses figures de proues comme Rivera, Orozco, Siqueiros) entre parfois en conflit avec les autorités.
Les artistes de rue développent des techniques en constante évolution pour continuer à pratiquer leur art dans les centres villes (tags, grafs, stickers, collages, pochoirs, détournements de pubs et de signalétiques).
La rue (lieu de tous les échanges pour une communauté urbaine) constitue un splendide laboratoire artistique, où se mêlent la vitalité, la spontanéité, l’éphémère…
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